Pour l’OFCE, la loi Travail pourrait être un frein à la croissance économique

Les réformes structurelles du marché du travail sont-elles utiles pour la croissance économique, la redistribution des revenus et la lutte contre le chômage ? Certainement pas et peut-être bien au contraire, conclut une étude menée par quatre économistes et publiée en juillet 2016 par l’Observatoire français des conjonctures économiques, un organisme indépendant de prévision, de recherche et d’évaluation des politiques publiques rattaché à Sciences po.

L’organisme confirme ainsi à coup de d’équations mathématiques, de diagrammes en 3D et de courbes, les craintes des organisations syndicales. Selon l’OFCE, la loi Travail votée en juillet pourrait être un frein à la croissance tout en augmentant le chômage et les inégalités.

Redistribution des richesses

L’observatoire remarque également que des relations déséquilibrées entre syndicats et patronat, au profit de ce dernier, affectent à terme la croissance. Il ajoute : « Chaque fois que les gains de productivité ne sont pas partagés avec les travailleurs mais sont retenus par les capitalistes ou les allocations de chômage sont réduites ou éliminées, la situation macroéconomiques a tendance à empirer en termes de taux de chômage et de croissance à long terme du revenu et de la productivité. » Avant d’ajouter que plus la compétition sur le marché du travail est rude, plus il est difficile à certains mécanismes d’innovation et de croissance d’opérer.

FMI et OCDE

Une étude qui rappelle en partie les conclusions d’économistes de l’OCDE en 2014 et du FMI en 2015. Dans un rapport intitulé « Tous concernés : pourquoi moins d’inégalité bénéficie à tous », L’OCDE avait montré que l’augmentation des inégalités entre 1985 et 2005 avait ôté en moyenne 4,7 points de croissance cumulée dans les pays développés.

En juin 2015, le FMI avait à son tour publié un document sur les causes et les conséquences des inégalités. Plus les riches sont riches, moins la croissance est forte, avaient-ils indiqué. Une position venant à contre-courant de l’orthodoxie néolibérale qui considère que les dépenses des catégories les plus aisées ruissellent vers l’ensemble de la société.

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